Extraits du livre

Page 6

« …Dès qu’on a 40 ans, si on a mal au dos, on nous dit que c’est l’arthrose. On est alors assuré de deux choses :
UN: ça ne s’arrangera pas.
DEUX : il faudra des médicaments à vie.

D’accord, l’arthrose est un phénomène objectif, visible en radiologie. Mais lui attribuer tous les maux de dos, c’est trop.

Je ne suis pas d’accord.

Comment expliquer ces personnes âgées qui n’ont pas mal au dos et qui pourtant ont de l’arthrose ??

Comment expliquer ces jeunes qui ont mal au dos et qui bien entendu n’ont pas d’arthrose ??

L’arthrose, ennemi public, fait couler beaucoup d’encre et consommer beaucoup de médicaments. Elle coûte énormément en arrêts de travail et en soins médicaux.

Le pire, c’est que, en fait, l’arthrose n’est que rarement en cause dans les douleurs.
N’étant pas d’un naturel provocateur, et ne cherchant pas de publicité dans les déclarations tapageuses, j’ai eu besoin de confronter mes observations à un grand nombre de patients pendant près de 15 ans. C’est probablement la raison pour laquelle j’ai mis si longtemps à écrire ce livre. On ne peut pas dire que je sois un auteur très prolifique. Mais au moins, ce que j’écris, ce que je dis à mes patients ou en conférences, je l’ai vérifié des centaines de fois et c’est ça l’important… »

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Page 9

– Il y a des gens qui stressent.

– Il y a des gens qui ont la migraine.

– Il y a des gens qui souffrent du mal de dos.
A première vue trois problèmes distincts, qui n’ont pas de rapport les uns avec les autres.

Et pourtant…

Loin d’être étrangères, ces « souffrances » ont des racines communes, des points communs, des rouages communs.
Dans un très grand nombre de cas, on retrouve en effet un même schéma de fonctionnement, lié au stress, et qui conduit soit à la migraine, soit aux maux de dos, soit aux deux en même temps. J’ai appelé cela, il y a maintenant de nombreuses années, le « syndrome d’hypertension musculaire ».

Quand on est prisonnier de ce schéma de fonctionnement, on n’en a généralement pas conscience.
En prendre conscience permet de se donner les moyens de changer les choses, de sortir de la spirale inéluctable qui va faire de notre vie un long chemin de souffrance. En prendre conscience, c’est ouvrir la porte du possible… »

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Page 16

« …Contrairement à ce que pensent la majorité des gens, il existe, même au repos, une tension musculaire. Elle est appelée tension musculaire de repos. Nous ne sommes finalement jamais complètement détendus. Même dans le plus profond des sommeils, il existe une certaine tonicité musculaire. Même sous anesthésie générale, il persiste une certaine tonicité musculaire, très faible, mais tout de même présente.

Le muscle, cette construction fibreuse capable de se raccourcir sous l’effet de la commande cérébrale, est en fait au cœur de la majorité des migraines et des douleurs de dos. En prise directe avec le cerveau qui commande en permanence son niveau de tension, le muscle est l’élément pivot de la chaine de douleurs… »

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Page 22

« …Suzanne B a 67 ans quand elle pénètre pour la première fois dans mon cabinet. C’est une de ses amies, que j’ai aidée pour des douleurs de dos, qui lui a conseillé de venir. Elle est mince, une démarche un peu guindée, le regard direct.
Je souffre de migraines, me dit-elle. Peut-être pourrez-vous faire quelque chose pour moi. J’ai le foie sensible et je ne supporte plus tous les médicaments que je prends depuis des années, peut-être que l’homéopathie pourra me soulager.
A l’interrogatoire, je retrouve les signes que j’ai appris à reconnaître chez tous ces patients migraineux que j’ai déjà croisés. Un fond de fatigue, un début des crises souvent au petit matin ou bien dans la nuit. Une sensation d’endolorissement de la nuque en début, puis pendant la durée de la crise.
– Vous dormez bien?
– Oui!  me répond-elle.
– Vous êtes fatiguée au réveil?
– Je me lève en général fatiguée et pourtant je dors bien. Je n’ai pas de problèmes de santé, je n’ai pas de soucis, mais ces migraines me gâchent la vie. Parfois je me réveille avec. Quand j’étais réglée, j’avais systématiquement des migraines dans les jours qui précédaient mes règles.

Je lui demande de se dévêtir et de rester debout. Je l’observe pendant qu’elle se déshabille. Ses mouvements sont crispés, son dos est enraidi. Passant derrière elle, je palpe la zone située à l’intérieur de la pointe de l’omoplate. La partie externe du Trapèze apparaît tendue, la zone médiane de la partie horizontale du Trapèze est également tendue et sa dureté est caractéristique.
Je lui demande de s’allonger. Je palpe au niveau de la nuque les apophyses transverses des vertèbres cervicales. Les deuxième et troisième vertèbres cervicales (C2 et C3) ont pivoté, elles sont douloureuses à la palpation. La partie antérieure moyenne du Sterno-Cléido-Mastoïdien, ce muscle qui est situé en avant, de part et d’autre du cou, révèle lui aussi des noyaux durs à la palpation.

– Vous êtes-vous déjà rendu compte que vous serrez les dents?

Elle me regarde étonnée et dit:

– Non, je ne crois pas que je serre les dents. Je pense que si c’était le cas, je le saurais.
– Je crois connaître l’origine de vos migraines, lui dis-je. Tout un schéma de tensions musculaires qui siègent au niveau de votre nuque est à l’origine de vos douleurs. Le faire disparaître devrait faire disparaître progressivement vos migraines.
Je vais vous demander, non pas de me croire sur parole, mais de vous observer dans les jours qui viennent. Non seulement je pense que vous serrez les dents, mais je pense également que vous le faites la nuit, pendant que vous dormez… »

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Page 32

« …Un nerf est extrêmement sensible à tout traumatisme, à toute compression. Si le muscle qu’il traverse devient dur, comme c’est le cas dans une contracture, le nerf va souffrir. Un peu comme si l’on serre fort la main de quelqu’un, jusqu’à lui faire mal… »

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Page 33

« …De même que l’on ne se rend pas compte que l’on respire, que l’on digère, que l’on régule la température de notre corps, de même on ne se rend pas compte quand on est en tension. Sauf si l’on prend le temps de s’observer. Je décrirai plus loin les différents moyens de le faire.

L’observation est en effet la clé d’entrée dans le système… »

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Page 50

« … Perrine M. a 42 ans. Elle vient me consulter pour une série de symptômes, apparus depuis son retour d’Afrique il y a un an et demi : migraines, « arthrose cervicale », douleurs lombaires, sensation de fatigue permanente.  » J’ai l’impression d’être une vieille, j’ai besoin de mon mari pour m’aider à porter six litres d’eau  » me dit-elle. « J’ai consulté de nombreux médecins, des rhumatologues, je fais de la rééducation depuis un an et demi. Mon kiné m’a dit que mon dos s’était assoupli, mais j’ai toujours aussi mal. Je crois que c’est mon arthrose. »

A l’examen, les signes que j’attendais et qui caractérisent le syndrome d’hypertension musculaire, sont évidents: port de tête raide, rotation limitée, douleur à la palpation de l’insertion basse et de la partie sus-scapulaire du Trapèze, douleur sur la partie vertébrale médiane du Grand Dorsal du même côté, défaut de bascule de la sacro iliaque du côté opposé, rigidité du bassin à la marche.
En position assise, la rotation du crâne est limitée. En position allongée, alors que je suis derrière elle, mes mains se placent sous son rachis cervical. Je trouve une deuxième cervicale en rotation à gauche. La palpation de l’apophyse transverse est douloureuse. Quand mon médius s’avance sur le côté du cou, le long de ce long muscle appelé Sterno-Cléido-Mastoïdien, je sais déjà ce que je vais trouver, une zone tendue, un peu comme un noyau d’abricot, située sur ce que l’on appelle le chef antérieur du SCM.

« Ce point est douloureux, n’est-ce pas? »

Bien sûr qu’il l’est, je le sens sous mes doigts. Le dernier point, côté gauche, à l’angle de la mâchoire, près du trou stylo Mastoïdien, met en évidence la tension du muscle Trapèze sur son insertion Mastoïdienne, qui est l’os que l’on sent juste derrière l’oreille.
« Vous souffrez d’arthrose autant que moi, lui dis-je. C’est-à-dire pas du tout. Pourtant j’ai huit ans de plus que vous et, en toute logique, je devrais souffrir moi aussi.
Votre problème est simple :
Vous me dites souffrir depuis votre retour en France. Qu’est-ce qui a changé dans votre vie à cette époque?
Notre côté gauche est lié à notre univers affectif et, vous ne vous en êtes peut-être pas rendu compte, mais vous serrez les dents du côté gauche.
Ce que je vous demande, c’est l’environnement de contrainte affective dans lequel vous vivez depuis cette date, car vos troubles viennent de là… »

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Page 56

« … J’affirme que dans un grand nombre de cas, les douleurs « arthrosiques » sont des douleurs liées à des processus inflammatoires dont l’origine se situe dans les chaînes de tensions musculaires. Le fait que le sujet ait de l’arthrose peut aggraver les douleurs mais, dans la grande majorité des cas, n’est ni la cause ni l’origine du problème douloureux.
J’affirme également que dans la majorité des cas, les migraines sont en fait des souffrances de nerfs liées à des compressions dont l’origine est liée au stress.
Ces phénomènes sont réversibles … »

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